Un moyen de rafraîchir une ville en cas de canicule.

par Roland GERARD (Tours)

    

   Que dire d’une collectivité peuplant une grande ville, mais qui ne prend pas la peine d’exploiter des milliers d’hectares de surface bien ensoleillée, bien ventilée, à sa disposition, alors que la main d’œuvre est gratuite et peut être aisément motivée ?

    Quel dommage, n’est-ce pas !

    Eh bien beaucoup d’entre nous, habitants des villes en ce début de 21ème siècle, font partie d’une telle collectivité.

    

De fait, combien de balcons, complétant agréablement les façades des immeubles, sont tristement vides, alors qu’ils pourraient regorger de verdure. Il suffit de marcher le long des rues d’une ville comme Paris pour se rendre compte de l’absence presque totale de plantes en pots ornant les bâtiments.

    Mais il est permis de rêver ! Alors imaginons un instant que la plupart des balcons soient garnis de bacs où poussent toutes sortes de plantes jusqu'à de beaux arbustes.

    C'est le printemps et la nature fait s’ouvrir d'innombrables fleurs aux couleurs vives, jaune, bleue, rouge, mauve ; la ville en resplendirait !

    Et voici l’été ! Certain jour un soleil de plomb brille dans un ciel sans nuage et il fait très chaud, et si les habitants subissent une température élevée, la végétation souffre de sécheresse. Cependant la météo a signalé la veille qu’une canicule allait sévir, et dès le petit matin les habitants de logement à balcon réagissent en arrosant abondamment leurs plantes. Alors celles-ci se mettent au travail : en l’espace de quelques heures l’eau liquide qui a dissous des nutriments est récupérée par les racines et par capillarité monte le long des tiges et des feuilles, les alimentant, puis s'évapore. L’eau versée sur la végétation passe donc de l’état liquide à l’état gazeux et ce changement d’état absorbe de la chaleur latente de vaporisation.

    Or ce phénomène d’évaporation a un fort pouvoir refroidissant. « Ainsi on a pu mesurer en été au soleil une température de 49°C pour une surface bitumée sèche, contre 26°C pour la surface d’un étang voisin, et 29°C pour la surface d’une prairie humide ou celle d’un bois d’aulnes. Par leur évaporation, les plantes en général et les arbres en particulier jouent un rôle important dans la régulation du climat ». (Extrait du site : La quête inlassable de l’eau par les plantes).

    Dès lors, il est possible pour les citoyens des grandes villes de parer efficacement au fléau que représente une canicule.

    De fait, considérons une grande métropole comme Paris. Admettons qu’un million de balcons soient pourvus en bacs à plante à raison en moyenne de 10 par logement. En cas de forte chaleur chaque locataire verse journellement dans ses pots de l’eau que les racines des plantes récupèrent à raison en moyenne de 2/10 de litre soit au total 2 litres pour l'ensemble ; ce qui implique pour toute la ville 2 millions de litres d'eau liquide que la multitude de végétaux porteront en quelques heures à l’état gazeux.

    L’absorption de chaleur en une seule journée serait considérable et la ville entière en serait grandement rafraîchie, éloignant de ce fait les méfaits de la canicule..

    A noter quelques avantages supplémentaires apportés par la présence importante de plantes aux façades des immeubles :

   La circulation des véhicules en ville la rend bruyante. Mais la présence aux façades des immeubles de feuilles de plantes, en nombre se chiffrant en milliards de milliards, amortit une grande partie des sons. D'où une atténuation des grondements de moteur.

     Pour récupérer le carbone qui entre dans leur constitution,  les tiges et feuilles des plantes absorbent par photosynthèse le gaz carbonique, et rejettent l'oxygène. D’où une purification de l’air des villes, grâce  aux parcs et jardins publics,  mais aussi aux plantes sur balcons, . Toutefois; en cas de canicule accompagnée de sécheresse, seuls ces derniers sont susceptibles de recevoir de l'eau en abondance, et donc de provoquer un rafraîchissement de l'atmosphère. 

    


    Parer aux canicules sévissant occasionnellement dans une grande ville, purifier son air, atténuer les bruits émis par les véhicules, que de services peuvent rendre les végétaux cultivés sur balcon …. à condition toutefois d’être en grande quantité ! Or, comme indiqué précédemment, aujourd’hui les locataires sont peu nombreux à faire pousser durablement une plante en pot à la façade de leur immeuble.

    La raison du manque de mobilisation est simple : sur balcon les végétaux sont en milieu plutôt hostile, et leur culture est très contraignante pour le jardinier d’appartement, comme l’indiquent les principaux inconvénients décrits ci-après :.

  • Soleil et vent dessèchent rapidement les plantes et il faut leur assurer un arrosage régulier, souvent quotidien en été.
  • Dans certains cas, l’exposition d’une plante est telle que l’ensoleillement journalier est trop important, et aggravé par le rayonnement des murs de l’immeuble.
  • Les températures ambiantes varient considérablement, d’une saison à l’autre ou encore entre le jour et la nuit, ce qui est nocif pour les racines des plantes.
  • Un rempotage des plantes à raison au moins d’une fois tous les deux ans est nécessaire, mais l’opération est pénible et exige beaucoup de place.
  • En cas de mauvais temps le vent peut être violent, ce qui peut détériorer les branches et feuilles.
  • En période de vacances, un manque de soin prolongé peut être fatal aux végétaux.

    En définitive, oui la culture massive de végétaux sur balcon serait bénéfique pour les habitants d’une ville, mais représente un lourd investissement pour les particuliers, puisqu’il faut se procurer pots de plantes et matériel approprié, mais surtout consacrer du temps à l'activité.

    Cependant, la canicule qui, durant l’été 2022, certainement une conséquence du réchauffement climatique, a sévi dans beaucoup de pays, en particulier en Europe, ne peut qu’inciter les autorités à essayer de lui trouver une parade, en l'occurrence en mobilisant massivement la population concernée pour cultiver des végétaux sur les balcons de la ville.

L’intervention des autorités pourrait être de plusieurs natures,.

  • Par exemple une offre matérielle, consistant à ouvrir des salles de rempotage permettant aux jardiniers de balcon de renouveler le terreau des plantes dans de bonne conditions.
  • Ou encore une offre pédagogique au moyen d'émissions à la télévision, de vidéos etc, 

    L'auteur de ces lignes fait lui même pousser depuis de longues années des dizaines de plantes en pot, et est à même d'indiquer quelques techniques facilitant la culture des végétaux sur balcon.

    Qu’elle soit approbatrice ou pas, le lecteur peut donner son appréciation sur la suggestion qui est faite ici en envoyant un message à l’adresse : balcons.fleuris@orange.fr


        L'auteur de ces lignes fait lui même pousser depuis des années des dizaines de plantes en pot, et à partir de cette longue expérience, est à même d'indiquer quelques astuces facilitant la culture des végétaux qui pourraient servir au jardinier de balcon, sachant que le milieu étant hostile, il faut intervenir souvent et efficacement, et s’équiper d’un bon matériel, au besoin en le fabriquant lui-même.

Concernant l’eau.

Fréquence d'arrosage

    Les plantes ont un besoin absolu de cet auxiliaire précieux et indispensable qu'est l'eau ; mais elles croissent d’autant mieux et la floraison est d’autant plus fournie que le terreau est alternativement sec et humide.

    Il faut donc arroser les végétaux sur balcon et attendre que l’eau soit quasiment épuisée avant de recommencer. Ce "ni trop souvent, ni pas assez" représente toute la difficulté puisqu’il faut tenir compte de ce que le temps peut varier d’une période à l’autre, de la nature des plantes, ou encore qu’au moment de leur floraison celles-ci réclament un arrosage abondant.

 Avec quoi arroser ?

    L’eau du robinet est potable, donc trop pure pour les plantes. Aussi, il est préférable de remplir un récipient, et d'attendre quelques heures pour qu’au contact de l’air l’eau se charge de micro-organismes qui seront bénéfiques pour les racines. Ce délai permettra en même temps au liquide de se mettre à température ambiante.

    En outre, ne jamais vider complètement le récipient, en le remplissant à nouveau alors qu’il lui reste environ un demi-litre ; ce restant permettra de régénérer rapidement la vie microbienne.

    Pour qui a de nombreux pots, chaque arrosage peut nécessiter plusieurs litres d'eau. D’où un procédé facilitant la tâche.

  • Disposer, à demeure sur le balcon, d’un tabouret et de deux arrosoirs, l'un d'environ 12 litres et l'autre à bec fin, de 3 litres.
  • Remplir le gros récipient et laisser l'eau stagner.
  • Au moment de l'arrosage verser x fois l’eau du gros arrosoir posé sur le tabouret dans le petit, aisé à manipuler et dont le bec fin permettra d’atteindre les pots précisément et sans peine.
  • Après arrosage remplir à nouveau le gros arrosoir, pour la prochaine fois.